Autour d’un café à Garibaldi – La politique sans langue de bois d'Alexis Vernier

L'ancrage d'une nouvelle génération

Après les émotions fortes du studio de Beur FM, notre traversée de la Seine nous mène à Sotteville-lès-Rouen, au cœur du vibrant quartier Garibaldi. C’est ici, entre le va-et-vient des habitants et les terrasses de café, que nous faisons halte avec Alexis Vernier.

Ingénieur de formation engagé depuis 2015 au sein de La France insoumise, Alexis Vernier est aujourd’hui conseiller municipal à Sotteville et conseiller métropolitain. Figure d’une nouvelle génération d’élus issus de la société civile, il s’est fait connaître lors des municipales de 2020 en conduisant une liste de rassemblement de la gauche et des écologistes. Pour lui, la gauche doit « se réinventer et sortir de l’ornière » à travers une vision citoyenne et durable.

Installez-vous à notre table : autour d'une boisson chaude, l'échange s'engage sur les coulisses d'une campagne, le rôle des médias et les secrets de la communication publique.

L'entretien condensé : 3 clés pour comprendre sa vision

1. Cadre électoral et posture : « Je ne cherche pas la neutralité, mais le débat »

Sur la période électorale et le style de communication :

« Étant dans l’opposition, nous n'utilisons pas les moyens de la mairie ; notre communication (tracts, réseaux sociaux) reste donc libre. Je ne cherche pas à faire une communication “neutre”, ce n'est pas le sens d'un engagement politique. L’objectif est de prendre position, d'informer sur le bilan de la majorité sortante et de susciter le débat, tout en restant honnête et respectueux face aux électeurs qui demeurent les seuls juges. »

2. Presse locale vs Réseaux sociaux : la double légitimité

Sur la stratégie médiatique et l'équité :

« La presse locale offre une légitimité irremplaçable — "je l'ai vu dans le journal" a toujours un poids fort. Mais pour toucher un public plus jeune et populaire, le contact direct et les réseaux sociaux sont incontournables, malgré la complexité de leurs codes. Quant aux médias, c'est à eux de respecter l'équité du temps de parole ; si nous sommes lésés au profit d'un concurrent, nous n'hésitons pas à le faire savoir fermement. »

3. La fabrique militante : couleurs engagées et vidéos impactantes

Sur la création de contenu et les innovations numériques :

« Notre campagne repose sur une équipe 100 % militante qui prépare visuels et vidéos, validés lors de réunions plénières. Nous utilisons des codes visuels clairs : le rouge pour le social, le vert pour l'écologie, le jaune pour la démocratie et le violet pour le féminisme. Côté numérique, les formats courts font des merveilles : une vidéo de 45 secondes sur le bétonnage de la place de l’Hôtel de Ville a dépassé les 20 000 vues, prouvant qu'un travail minutieux sur les réseaux sociaux paie sur le terrain. »

Le regard du terrain

Cette discussion à Garibaldi aura démontré qu'une campagne municipale moderne ne se joue plus seulement dans les salles de réunion. Entre le respect du cadre légal, la réactivité des réseaux sociaux et la fidélité au terrain, Alexis Vernier incarne une démarche politique axée sur la proximité brute et la clarté des idées.

À la prochaine escale...

Reprenant la direction du centre-ville de Rouen, nous nous apprêtons à pousser les portes de l'institution municipale. Cap sur l'Hôtel de Ville pour une immersion d'une bonne heure en tête-à-tête avec le maire de la ville, Nicolas Mayer-Rossignol. Une rencontre qui réservera la découverte d'un élu hors des sentiers battus.