L'instantané du studio
13 heures sonnent au cadran. La lumière de l'après-midi traverse le studio de Beur FM, découpant la silhouette des microphones et le tableau d'affichage des fréquences. Après les confidences sur son parcours et ses 28 ans d'antenne, Muhend s'écarte un instant du micro principal. Son regard se pose sur le banc de montage, attentif, presque paternel.
Dans le studio, le matériel s'active sous des mains habiles. Un jeune journaliste ajuste un bras de micro, vérifie les niveaux, règle les détails d'un geste précis. Ce jeune talent, c'est Yanis.
De la Kabylie aux pages de la presse écrite
Originaire de la Kabylie algérienne, Yanis est arrivé avec la soif d'apprendre et la passion des mots. Sous la houlette de Muhend, il n'a pas seulement découvert la radio : il y a été façonné, forgé par l'exigence du direct, le respect de l'auditeur et la rigueur du terrain.
Pendant des mois, Muhend a joué son rôle préféré : celui de passeur. Il lui a transmis l'art de poser la bonne question, d'écouter sans interrompre et de chercher la vérité derrière chaque témoignage. Aujourd'hui, Yanis franchit une nouvelle étape décisive : il fait son entrée dans la presse écrite.
Le micro laisse place à la plume, mais l'empreinte du mentor reste intacte. Pour Muhend, voir son élève prendre son envol vers les journaux est la plus belle des récompenses. C’est la preuve vivante que la radio de proximité est une formidable école de vie et de journalisme.
La photo souvenir : l'image d'un héritage
[!NOTE] « 13h00 dans l'intimité du studio. Le regard bienveillant du maître et la rigueur de l'élève : Muhend aux côtés de Yanis, jeune talent de Kabylie façonné par les ondes, prêt à faire voler sa plume dans la presse écrite. »
La beauté du métier
Cette scène captée sur le vif à 13 heures résume à elle seule l'essence de notre démarche dans Nomade Reporter. Au-delà des mots et des interviews politiques, le journalisme est une chaîne humaine. Une histoire de passages de relais où les anciens tendent la main aux plus jeunes pour que la parole reste libre, juste et vivante.
En quittant la station, l'émotion est intacte. Nous laissons Muhend à ses réglages et Yanis à ses futurs papiers, avec la certitude d'avoir assisté à un moment d'histoire locale silencieux mais profondément marquant.
À la prochaine escale...
Nourris par cette belle leçon de transmission, nous prenons un court répit pour traverser la Seine. Direction le quartier Garibaldi à Sotteville-lès-Rouen. Autour d'un café en terrasse, nous irons échanger de tout et de rien avec Alexis Vernier, élu LFI, pour préparer une interview de terrain sans langue de bois.


